Coup de Gueule !

May 18, 2016

 

Le coup de gueule d'une photographe contre ces entreprises et ces institutionnels qui prennent les photographes (entre autres ...) pour des cons et qui arnaquent à tout va !

J'aime beaucoup ! 

 

Source : http://blog.jessiechevin.com/coupsdegueule/hier-jai-ecrit-une-lettre-de-demotivation-adressee-a-dr-martens-france-pour-le-poste-de-reporter-pour-le-hellfest-2015/

Auteur : Jessie Chevin

 

 

Hier, j’ai écrit une lettre de démotivation adressée à Dr. Martens France pour le poste de reporter pour le Hellfest 2015

 

 L’annonce proposée par Dr. Martens France

 

Hier, j’ai écrit une lettre de démotivation pour une offre proposée par Dr. Martens France pour réaliser un reportage lors du Hellfest 2015, la voici :

 

Cher Monsieur, Madame Dr. Martens France,

 

Permettez-moi de vous adresser ma lettre de DÉMOTIVATION pour le(s) poste(s) de photographe/vidéaste/rédacteur que vous proposez au sein de votre enseigne lors du Hellfest 2015.

 

Étant rédactrice, webdesigner et photographe, je serai la candidate quasi idéale pour exercer ce travail – sans compter mes lacunes en vidéo évidemment, mais pour cela, je m’adjoindrai les services d’un vidéaste compétent, vous le verrez rapidement, on ne sera pas trop de deux pour exercer ce travail temporaire, pourtant vous me voyez vivement peu intéressée par votre annonce.

 Tagada Jones – JP Fest – 2014 – © Jessie Chevin

 

En effet, si je comprends bien votre appel à candidature, vous offrez la possibilité de réaliser un reportage photo et vidéo ainsi qu’une mise en ligne d’un article, relayé chaque jour sur Facebook, en contre partie de deux pass pour le fest, de deux paires de chaussures de votre marque, de t-shirts et de goodies. Nous avons donc ici TROIS métiers à exercer en TROIS journées de festival récompensés – j’insiste sur ce terme récompensés – par deux pass pour le Hellfest + accès backstage, qu’il est nécessaire d’avoir entre ses mains pour entrer sur le site et donc réaliser le reportage (on ne peut clairement pas dire que c’est une contre-partie, une rémunération, un bénéfice ou un privilège… Ces pass sont normalement offerts à tous les vrais journalistes ; je vous l’accorde, il y a des exceptions comme le festival de Dour, mais une carte de presse devrait pouvoir régler ce genre de problème, non ?) En gros, le seul bénéfice reste ce deuxième pass qui sera finalement pour l’accompagnant– accompagnant qui aidera sûrement la personne choisie étant donné la masse de travail à effectuer sur les trois jours.

 Aqme – Sequed’in Rock – 2012 – © Jessie Chevin

 

Étant toutefois intéressée par ce travail (j’ai de l’expérience en shooting de concerts et de festival : Igelrock, l’Oreille à l’envers, Nameless fest, Métallurgicales, Sequed’in Rock…), je vous propose, accompagnée d’un vidéaste, de réaliser cette prestation pour la modeste somme de 14 560 €. En effet, tout travail mérite salaire et pas simplement des cacahuètes. Ce paiement sera bien entendu divisé entre les deux personnes qui réaliseront ce projet.

 

Comptabilisons les frais réel, sans compter le déplacement puisqu’il est bien précisé dans votre annonce qu’il ne fera pas parti des avantages cédés, pour vous préciser le montant de ce salaire.

 

Une prestation journalière d’un indépendant vaut, au minimum, 400 €.J’entends par prestation le travail effectif de prise de vue et de notes pour réaliser un reportage.

 

On a 3 prestations en une à exercer chaque jour pendant 3 jours : photographe, vidéaste, rédacteur. Allez, comptons 2 prestations (photographe et vidéaste puisque nous ne serons que deux).

 

400 * 2 = 800 € par jour de prestation effective sur le lieu de travail.

 

 Punish Yourself (Zombie Rockerz Party) – Le Splendide – 2014 – © Jessie Chevin

 

Ajoutons à cela la post-production (tri + retouches photographiques ; tri des rushes et montage vidéo ; rédaction de l’article) qui devra être effectuée immédiatement puisque vous comptez mettre en ligne un article chaque jour. Donc vous me voyez obligée de mettre en place une tarification d’urgence et une tarification de travail en continu. Nous doublerons donc simplement (et c’est un prix d’ami) le tarif de la prestation journalière.

 

800 * 2 = 1 600 € par journée, soit 4 800 € pour les trois jours.

 

A savoir aussi que L’UPP préconise une tarification entre 700 et 1 200 €par jour comprenant prise de vue, post-prod et droits d’auteurs (limités)auquel on doit ajouter les frais (déplacement et autres) et cela seulement pour le travail de photographie sans clause d’urgence. Vous verrez donc que je suis bien en-dessous de la tarification habituelle pour la prestation que vous proposez.

 The Dresden Dolls – Le Grand Mix – 2006 – © Jessie Chevin (photographie argentique)

 

Nous ajoutons donc au tarif que je vous propose les droits d’auteur pour une diffusion internationale. Effectivement votre marque et le festival ayant un impact sur le monde entier, il m’est nécessaire d’adapter mes prix en fonction de l’utilisation que vous ferez de mon travail.
Pour le calcul des droits d’auteur, je me fierai aux barèmes fixés par l’UPP en 2010 pour la diffusion de photos sur Internet et seulement de photos. Vous conviendrez que votre page Facebook, étant donné la célébrité de votre marque, doit bien approcher les 100 000 visites par mois. Vous conviendrez aussi que vous allez forcément publier plus de 35 photos m’appartenant et que ces photos seront diffusées 1 an voire au-delà. Je me suis donc permise de choisir un montant de 72 € par photo, vous aurez de cette façon deux ans de diffusion seulement (je cherche à minimiser le coût de la prestation). Fixons maintenant le nombre de photos que je réaliserai pour vous. Étant donné le nombre de groupes présents à l’affiche + les photos backstage + les photos du stand + celle du public, nous pourrions atteindre des sommets astronomiques, il est donc nécessaire de se fixer une limite, d’autant plus qu’il me faudra un certain nombre d’heure de sommeil pour être en forme afin de tenir le choc sans consommer de caféine à outrance lors de ces trois jours en continu. Fixons nous une limites de 50 photos réussies vendues par jour (la prise de vue en est souvent décuplée pour pouvoir choisir ces photos), 5 photos du stand, 35 photos de scène + 10 photos d’ambiance par exemple. Nous serions donc à 150 photos sur les trois jours.

 

150 * 72 = 10 800 €

 Black Bom A – Igelrock – 2011 – © Jessie Chevin

 

Ajoutons encore les droits de diffusion de la vidéo (des vidéos ? Quelle durée ? Ce n’est pas très clair) réalisée. Comptons 1 vidéo de 3 à 5 mn à même diffusion que ci-dessus pour les photographie, nous serons à 1 500 € de droits d’auteur.

 

Bien entendu, si vous utilisiez photo et vidéo ailleurs que sur votre page Facebook, il sera nécessaire de payer un surcoût. De plus, au-delà du délai de deux ans prévus pour la cession de droits, je reviendrai vers vous pour que soit vous payiez un coût supplémentaire pour la diffusion, soit que vous effaciez les données relatives à mon/notre travail.

 

Ajoutons à cela les frais d’assurance du matériel (à moins que vous ne me prêtiez un APN + cartes mémoires pour la prise de vue et ordinateur pour la post-prod), les frais de nourriture et d’hébergement (vous ne comptez quand même pas que je campe et réalise ma post-prod sur mon ordinateur sans électricité et sous une tente, si ?) :

100 € pour l’assurance au forfait journalier (détérioration du matériel, accident, etc.), c’est vraiment un minimum : 100 * 3 = 300 €. Je suis sympa, je ne multiplie pas ce coût par le nombre de prestataires.
(3 repas *10 €) * 3 jours x 2 personnes = 180 €
3 nuits * 30 € x 2 personnes = 180 €

 

Eh bien, on atteint un montant de 14 560 € minimum, oui, j’ai bien dit minimum pour une prestation de ce genre et encore, j’ai restreint au maximum les coûts. Preuve de ma gentillesse.

 

Ajoutez à cela la fatigue du reportage (parce que réaliser un reportage ce n’est pas picoler et faire le con dans la fosse et squatter le bar quand un groupe vous gonfle, mais bosser à 100% que ce soit pour prendre en photo groupes, backstage, stands et public et chercher le shoot époustouflant)… Je trouve la récompense bien maigre par rapport au gain : deux paires de chaussures, des t-shirts et des goodies…

 

Finalement, je préfère aller photographier un mariage à la même date, ça ne vous dérange pas ? Eux, au moins, il me paie réellement… et pas juste en cacahuète et en me pillant mon travail.

 

Recevez, Madame, Monsieur Doc Martens France, mes respectueuses salutations… Quoique…

 

Jessie Chevin

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