Photographier, c'est expérimenter sans cesse.

February 27, 2016

 

 

 

Voilà enfin un photographe qui tente, expérimente ... et non pas sur des concepts fumeux mais sur la technique elle-même, comme la photographie le fait depuis son aube.

Et comme beaucoup aujourd'hui on l'air de l'avoir oublié (si il l'ont jamais su) !

 

L'essai et l'expérimentation technique sont l'ADN même de la photographie, n'en déplaise au fisc français, au RSI et consort qui estiment qu'un photographe n'est là que pour photographier des mariages, des batiments pour promoteurs immobiliers, etc. et surtout FACTURER ! (et donc reverser TVA et charges à l'État)

 

Un retour aux sources donc qui montre bien qu'il est encore possible de travailler et d'exercer son métier comme on l'entend... même si ce n'est pas en France ;) :

 

 

Un temps de pose long de 2 ans : le travail de Michael Wesely

 

Par Molly Benn 

 

Source: http://www.oai13.com/non-classe/un-temps-de-pose-long-de-2-ans-le-travail-de-michael-wesely/

 

Pour la plupart d’entre nous, la photographie consiste en l’immortalisation d’un instant. Mais pour Michael Wesely, c’est la capture d’une période plus longue, qui peut aller jusqu’à plusieurs mois ! Depuis plus de 10 ans, cet artiste allemand photographie, en continu, sur des périodes allant jusqu’à 34 mois, des sites démolis puis reconstruits. L’obturateur ouvert de son appareil enregistre l’édifice, sa reconstruction mais aussi la vie qui passe, la course du soleil, les voitures, les passants… tout.

 

Qu’est-ce que le temps de pose ?

 

En photographie, le temps de pose, ou durée d’exposition, ou encore vitesse d’obturation, est l’intervalle de temps pendant lequel l’obturateur de l’appareil photo laisse passer la lumière lors d’une prise de vue, et donc la durée de l’exposition de la pellicule photographique ou, dans le cas d’un appareil numérique, du capteur.

 

 The Museum of Modern Art, New York (9.8.2001 – 2.5.2003)

 

Une réponse à l’instant décisif

 

C’est en 1988 que Michael Wesely commence à réfléchir à un procédé de prise de vue très long. À l’époque, le monde de la photographie est largement dominé par le concept d’instant décisif d’Henri Cartier-Bresson. Pour le photographe munichois, cette photographie magique qui arrive à un instant précis est un leurre. Il commence par réaliser des portraits avec un temps d’exposition de 5 mn. Puis, il se met à travailler dans les trains, laissant son obturateur ouvert d’une gare à l’autre. « C’est à ce moment que j’ai réussi à relier la technique de l’exposition longue à mon propos », précise-t-il. Petit à petit, l’idée lui vient de photographier la ville en mouvement. Entre 1997 et 1999, il capture la construction de la Postdamer Platz de Berlin. Ce projet est financé par Daimler Chrysler. Il est ensuite invité en 2001 à photographier les 3 ans de travaux de reconstruction du MoMa, à New York.

 

The Museum of Modern Art, New York (7.8.2001 – 7.6.2004)

 

Échouer…  jusqu’à réussir

 

Quand on demande à Michael Wesely comment il a réussi à mettre en place son procédé, il répond : « J’ai échoué, encore et encore, jusqu’à ce que je réussisse à faire ce que je voulais. » Si l’auteur reste très discret sur son procédé exact, certains s’avancent à quelques suppositions. Il photographierait avec une chambre 4×5 (une sorte d’appareil photo qui ressemble à ça). 

 

La pellicule capte la lumière sans arrêt par un objectif qui aurait une ouverture de diaphragme microscopique de f:1250 (l’ouverture de l’objectif). Aucune certitude ici. Ce ne sont que des pistes et des rumeurs ! Le photographe, lui, précise que sa photographie tient beaucoup au hasard et à la magie : « Il n’y a aucun moyen de calculer le temps et la taille du shutter (obturateur) sur des expositions aussi longues », explique-t-il. Il ne sait jamais avant le développement si son image est réussie.

 

 

 The Museum of Modern Art, New York (9.8.2001 – 7.6.2004)

 

L’image est un procédé

 

Finalement, la force de ces images ne réside pas dans leur forme finale mais dans leur procédé. Michael Wesely précise d’ailleurs : « Les bâtiments que je photographie ne sont pas mon sujet, c’est leur construction qui l’est. » Pour la première fois, la photographie capture le temps qui passe, les changements d’un lieu.

Ce projet, s’il est une prouesse technologique, est aussi une jolie métaphore du temps que peut prendre un photographe à se réaliser artistiquement, recherches après recherches. Quand on pense au chemin réalisé entre une simple envie de réponse à Cartier-Bresson en 1988 et les images qu’il produit depuis les années 2000, ce photographe nous laisse rêveur quant à ce que l’on peut produire à partir de son imagination et de sa technique. « Capturer l’invisible »,  voilà ce que fait Michael Wesely.

 

Site internet : wesely.org

 

 

 

 The Museum of Modern Art, New York (7.8.2001 – 7.6.2004)

 

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