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La nudité, c'est mal ? (A poil part.1 )


Juste un petit texte qu'on m'a fait passer sur Facebook et dont j'ignore, malheureusement l'origine, mais que je trouve tellement vrai !!

La nudité est, de toute évidence, à l’opposé du slogan « Sois un homme et ne laisse pas tes femmes sortir dans des tenues indécentes » qui a connu un succès pour le moins effrayant dans certains pays.

En effet, si l’on ne peut laisser « nos » femmes sortir dans des tenues indécentes, on en déduira logiquement que, a fortiori, on ne peut pas non plus les laisser se mettre nues en public, à tout le moins si l’on veut être un homme : le nu, c’est encore plus indécent qu’une te…nue indécente !

Et pourtant. On ne se met pas nu(e). On naît nu(e). On est nu(e). La nudité n’est jamais qu’un état naturel, pour l'homme comme pour la femme.


La pudeur, par contre, n'est pas innée : c'est un comportement que l'on acquiert par le biais d'un apprentissage. De fait, l'homme est le seul être vivant qui se pose des questions sur son corps, sur son image, sur sa nudité. Il est le seul qui cherche à dissimuler son corps de manière obsessionnelle en public.


C’est d’autant moins compréhensible que le rôle initial du vêtement, le principal, le seul, l'unique, n'est pas vraiment de cacher son corps à la vue des autres mais bien de le protéger contre les agressions extérieures, le froid, les intempéries, voire le soleil. Rien de plus.


Si nous en sommes arrivés à une telle absurdité, c’est uniquement à cause de notre éducation, parce que, dès les premières années de notre vie, on nous incite fortement à cacher ce sein que je ne saurais voir ...


L’aversion, la honte de la nudité est tellement incrustée dans la psyché collective des gens qu’elle est même devenue un phénomène subconscient, à un point tel que la personne qui ne se comporte pas conformément à cette règle est pointée du doigt, jugée immorale ou indécente par les autres. Et plus le temps passe, plus les gens s'enferment dans leurs conditionnements, plus ils deviennent les esclaves de leurs propres limites, celles qu’ils s’imposent, celles qu’ils veulent imposer aux autres.

Il est temps d'en prendre conscience. Il est surtout temps de s'en libérer. Nos vêtements ne font pas de nous des personnes décentes : ils nous transforment en porte-manteaux et, à force de les porter par pure convenance sociale, ils finissent par nuire à notre bien-être, à notre santé (la peau, qui est le plus grand organe que nous possédons, remplit une fonction de thermorégulation : elle a besoin d’interagir avec notre environnement, de profiter du soleil (sans excès), de respirer … nos vêtements l’empêchent de remplir correctement ce rôle).


Nos réactions prudes sont (malheureusement) ancrées profondément en nous. Elles sont, on l'a dit, le fruit de notre éducation, de nos religions. Ce n'est rien d'autre qu'un conditionnement pavlovien complètement dépassé : si la nudité est combattue par nombre de civilisations, c'est surtout parce qu'elle est associée à la sexualité. Et la sexualité, c'est mal (enfin, à ce qu’il paraît …). Le paradoxe, c'est que, à force de vouloir combattre obstinément la sexualité en imposant systématiquement à l'être humain une pudeur qui n'a pas de véritable raison naturelle d'être, l'homme a fini par développer ce qu'il prétendait combattre !


Je parle ici de l'hyper-sexualisation de nos organes génitaux qui est le résultat pervers (c'est le cas de le dire !) de la dissimulation constante des seins, des fesses et/ou du sexe, qu'il soit masculin ou féminin, en public.


C'est cela, l'effet pervers de la pudeur : à force de vouloir cacher la nudité, à force de vouloir y associer la sexualité, on a fini par exacerber encore plus l'obscur objet de son désir ! Ce qui est dissimulé, ce qui est interdit, ce qui est secret … est toujours bien plus désirable que ce qui est montré et/ou vu de manière spontanée.

C’est précisément parce que le corps est sans cesse dissimulé sous l’habit qu’il suscite tant de convoitises … La pudeur encourage paradoxalement le désir, celui-là même que l’on prétend combattre au nom de sa morale.


Or, le problème ne se poserait pas si l'on ne portait de vêtements que dans le cadre de sa fonction originelle de protection : on ne peut déshabiller du regard une personne déjà nue … On ne peut désirer que ce que l’on ne possède pas et non ce qui est déjà offert.


Le don visuel de la nudité intégrale désamorce le rapport exhibitionniste/voyeur. Il est infiniment plus sein ... non, pardon, plus sain ou, le cas échéant, plus saint que le regard pervers de celui qui « matte » une jolie femme qui se promène, sans arrière-pensée, avec une jupe courte dans la rue. Celle-là sera bien plus déshabillée du regard que celle qui bronze nue sur une plage.


L’indécence n’est pas dans la tenue. Elle n’est pas non plus dans la nudité. Elle n’existe que dans le regard de celui qui contemple l’autre.


Bref, un corps suggéré sous le vêtement est toujours beaucoup plus désirable que le corps qui a déjà été dévêtu sans autre idée que celle de profiter tranquillement du soleil et de la sensation de liberté que la nudité procure.

Faites un tour sur une plage naturiste et vous constaterez vous-même que les gens ne passent pas leur temps à se reluquer les uns les autres ! Ils s'occupent de leurs fesses et non pas de celles des personnes qui les entourent !


« Sois un homme et ne laisse pas tes femmes sortir dans des tenues indécentes ».


Personnellement, je préfère de loin la prétendue indécence de la nudité à l’étroitesse de l’esprit de ceux qui pensent détenir le monopole de la Vérité et qui, prisonniers de leurs certitudes, passent leur temps à porter des jugements de valeur sur ceux qui ne partagent pas leurs croyances ou leurs pensées.

Je ne vous demande évidemment pas de partager mon point de vue. Libre à vous de ne pas apprécier la nudité des corps. Je ne vous juge pas.


Est-ce trop vous demander de faire de même et de respecter l’opinion de ceux qui pensent différemment de vous ?