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Comment les réseaux sociaux scrutent vos photos


Source : https://piqx.eu/index.php/a-propos-de-piqx/infos/27-comment-les-reseaux-sociaux-scrutent-vos-photos

Dans le petit monde de la photographie de nombreux photographes et modèles s'essaient au nu artistique ou plus osé (nude art et non pornographie). Nombreux aussi sont ceux qui ont été confrontés quasi instantanément à la censure. PiQx a tenté l'expérience de la reconnaissance d'images et le résultat est vraiment bluffant !

La technologie de reconnaissance d'image a fait des progrès considérables ces dernières années et les applications les plus pointues permettent maintenant de reconnaître des visages, des plaques d'immatriculation des véhicules ou la probabilité de contenu adulte dans la photo ou le document.

Ces technologies sont développées par de nombreuses firmes de logiciels et leurs déclinaisons destinées à traquer les photos "inappropriées" sont utilisées par les réseaux sociaux afin de garantir les "standards de communauté" mais aussi de préserver une certaine moralité auprès d'un public aux sensibilités diverses.

Ne perdons pas de vue que le but (non vraiment avoué) des réseaux sociaux est de vendre votre profil auprès des annonceurs en échange d'une pseudo gratuité de leurs plates-formes. Dès lors il faut éviter de froisser les sensibilités afin de se garantir un nombre maximal d'utilisateurs puisque c'est le produit à vendre.

Comme beaucoup nous nous sommes demandé si ces technologies étaient efficaces et si une intervention humaine se cache aussi derrière tout cela.

Nous nous sommes connectés sur le site spécialisé développé par Microsoft® sous l'appelation "Cognitive Services®" et nous avons soumis 2 photos aux algorithmes de reconnaissance d'image ... et le résultat est tout simplement bluffant !

Un résultat bluffant et immédiat

Nous avons soumis deux photos afin de tester les algorythmes de reconnaissance d'images, voici les résultats :

Pour le premier test nous avons utilisé la photo qui sert de fond de page de ce site et le système nous renseigne instantanément les valeurs déduites de la photo : dimensions, dominantes couleurs, présence d'une personne, fille, coucher de soleil, océan, jeunesse, ....

Mais ce qui interpelle ce sont aussi certaines valeurs trouvées dans la liste des données :

contenu adulte : non

probabilité : 39,93%

A ce stade du test nous sommes déjà surpris par la quantité de données que nous pouvons obtenir.

Pour le second test nous avons fait analyser une photo nettement plus dénudée et là .... nous sommes stupéfaits par les résultats :

Non seulement le plugin de reconnaissance faciale est activé sans toutefois pouvoir déterminer si la modèle est une personnalité connue ou non, mais l'analyse indique qu'il s'agit d'un contenu adulte identifié comme tel à plus de 79% !

Quand au temps d'analyse il est quasi immédiat, temps de transfert et de rafraîchissement de l'affichage de page compris.

A l'évidence les API de reconnaissance d'images renvoient de nombreuses informations sur le contenu visuel trouvé dans une image tels que le marquage, les descriptions et les modèles spécifiques d'identification de contenu et l'étiquettage automatique.

Depuis son interface l'utilisateur ou le réseau social peut également appliquer les paramètres de reconnaissance adulte ou de race afin de mettre en place une classification automatisée du contenu. Il est également possible d'identifiez les schémas de couleurs de chaque image.

Reconnaissance faciale, émotion, sexe, sourire, ...

La même technologie permet de détecter dans une image un ou plusieurs visages humains, de récupérer les zones rectangles indiquant la présence de visage, ainsi que des données qui indiquent les traits du visage, l'âge, les émotions, le genre (sexe), la pose, le sourire et la présence ou non de poils du visage avec 27 repères pour chaque visage présent dans l'image.

Il est également possible d'identifier une personne, de repérer les images contenant des visages similaires ou de grouper des images en fonction de similitudes trouvées dans les visages de plusieurs personnes.

Des équations à haut taux de fiabilité

Abondemment utilisées au sein des réseaux sociaux, les API (applications) de reconnaissance d'images permettent de manière imparable d'analyser le contenu de chaque image diffusée sur le réseau social.

Dès lors plus aucune publication ne peut échapper à la censure, peu importe qu'elle soit publiée dans des groupes publics, privés ou même secrets.

Les réseaux sociaux se sont équipés de manière à protéger leur réputation ainsi que la sensibilité des utilisateurs de toutes les parties du Monde, de toute tendance phylosophique ou de religion.

Si la démarche est respectable et salutaire dans bien des domaines non dédiés à l'expression artistique, elle se révèle regrettable dans les domaines tels que la mode, la sculture, le dessin, la photographie et le cinéma.

auteur : Nick Ut Lieu

lPour mémoire, certaines photos prises à l'occasion de défilés de mode ont été censurée par les réseaux sociaux par le fait de la transparence de certaines tenues laissant deviner les tétons des mannequins féminins. Il en fut de même pour une photo du tableau 'L'Origine du Monde', nu féminin réalisé par Gustave Courbet en 1866 ou encore pour la photo "La fille brûlée au napalm" prise au Vietnam le 8 juin 1972 et qui symbolisa à elle seule la guerre du Vietnam et ses désastres. Cette photo vaudra à son auteur, Nick Ut Lieux, le prix Pulitzer.


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