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Les nouveaux modèles économiques du monde de l'Art


S'inspirant de manière "lointaine" du modèle des galeries d'art ou des maison de vente aux enchères, des start ups apparaissent dans ce domaine à la progression économique fulgurante ...

Applications android & IOS, sites internet ... l'univers numérique est le nouveau support de cette économie pourtant bien matérielle et les français, pour une fois ne sont pas en reste dans cette évolution - ou révolution - : ArtPhotoLimited, Artlover Place et Kazoart n'ont pas à rougir de leurs concurrents étrangers ... même si des starts-ups

ArtPhotoLimited s'attaque aux œuvres d'art photographiques

Auteur : Mikaël Lozano

Source : http://objectifaquitaine.latribune.fr/business/l-actu-de-la-french-tech-bordeaux/2016-07-12/artphotolimited-s-attaque-aux-oeuvres-d-art-photographique.html

Les deux associés à l'origine d'ArtPhotoLimited ciblent le marché de la photo d'art. Ils tiennent ici un cliché du photographe Jérémie Buchholtz (Crédits : Jérémie Buchholtz)

Créée il y a quelques semaines seulement, la startup bordelaise ArtPhotoLimited se positionne sur la vente d'œuvres d'art photographiques. Ni galerie d'art en ligne, ni banque d'images, la jeune société fondée par un ancien de Cdiscount vise un marché bien spécifique répondant à des critères très précis et laisse beaucoup de latitudes aux photographes.

D'emblée, Louis Albert, fondateur et CEO d'ArtPhotoLimited, pose les bonnes définitions sur les mots :

"Il ne faut pas confondre le concept d'œuvre d'art avec celui de « photographie d'art », ce dernier étant devenu un terme marketing pour vendre des photographies tirées à plusieurs milliers d'exemplaires... La définition d'une œuvre d'art en photographie est tirée du Code général des impôts, étrangement : sont considérées comme œuvres d'art les photographies prises par l'artiste, tirées par lui ou sous son contrôle, signées et numérotées dans la limite de 30 exemplaires, tous formats et supports confondus."

Cette distinction fait tout ce qui sépare ArtPhotoLimited d'autres plateformes vendant des clichés réalisés par des professionnels mais tirés à plusieurs milliers d'exemplaires. La startup bordelaise ne commercialise que des photos signées par leur auteur et numérotés - jusqu'à 30 donc, imprimées par un laboratoire spécialisé, Picto à Paris, avec une technique choisie par le vendeur lui-même.

Un marché européen de 400 M€

La startup bordelaise s'attaque à un marché que Louis Albert évalue à près de 400 millions d'euros en Europe. L'ancien directeur marketing de Cdiscount, associé pour l'occasion à Julien Bernard, détaille son positionnement :

"J'ai regardé de près le marché de l'art aux Etats-Unis, qui est en forte augmentation et où les levées de fonds se multiplient. ArtPhotoLimited est la seule plateforme sur ce segment en Europe, avec des tarifs qui restent raisonnables, de 100 à 1.000 € environ. Au-delà, je ne crois pas trop que le marché soit prêt pour des ventes sur internet."

ArtPhotoLimited laisse aux photographes inscrits beaucoup de latitudes : fixer librement le prix de vente et le nombre maximum de tirages, sélectionner la technique d'impression la plus adaptée à leur cliché photographie par photographie, choisir le papier à utiliser. La startup se charge ensuite du reste : le marketing, l'expérience client sur le site, le paiement sécurisé, la gestion de l'impression et la livraison au client qui reçoit donc la photographie prête à être accrochée. Les clients choisissent ensuite le format qui leur correspond et la finition souhaitée (tirage seul, tirage encadré, tirage contrecollé). Le modèle économique de l'entreprise est fondée sur une commission de 25 % HT (30 % TTC) à la vente.

"Cette commission de 25 % peut paraître élevée mais nous nous sommes aperçues qu'elle est au contraire très bien perçue par les photographes d'art qui ont plutôt l'habitude des 50 % des galeries d'art", appuie Louis Albert.

ArtPhotoLimited, société toute jeune car fondée le 10 mai dernier, a pour le moment construit puis mis en ligne un site internet avant tout destinée aux photographes d'art qui peuvent s'inscrire gratuitement et importer leurs photos.

"L'accueil est bon avec 150 inscrits en une semaine et depuis, entre 10 et 15 par jour. Si on dénombre 25.000 professionnels en France, je pense que les photographes d'art artistes ou auteurs sont plutôt entre 5 et 10.000. Nous espérons en séduire entre 700 et 1.000 avant la fin de l'année", ajoute Louis Albert.

Vente d'art en ligne : première levée réussie pour KAZoART, qui quitte Paris pour Bordeaux

Auteur : Mikaël Lozano

Source : http://objectifaquitaine.latribune.fr/business/l-actu-de-la-french-tech-bordeaux/2016-10-07/vente-d-art-en-ligne-premiere-levee-reussie-pour-kazoart-qui-quitte-paris-pour-bordeaux.html

La place de marché de vente d'art contemporain KAZoART vient de boucler sa première levée de fonds, à hauteur de 300.000 €. Positionnée sur un marché en pleine expansion, elle abandonne Paris pour s'installer à Bordeaux où elle sera accompagnée par l'accélérateur de startups Héméra.

Incubée initialement chez Paris Pionnières, finaliste du Grand prix de l'innovation de la Ville de Paris, KAZoART change d'air. Sa fondatrice en 2015, Mathilde Le Roy, cherchait un cadre de famille plus agréable pour sa famille et s'est montée "convaincue par la possibilité de se développer économiquement depuis Bordeaux, où l'écosystème est dynamique et où il est sans doute plus facile d'être entendue et d'être accompagnée".

Loin de la jungle parisienne, KAZoART poursuit un objectif ambitieux : apporter sa pierre à la démocratisation de la vente d'œuvres d'art en ligne. Un marché mondial évalué à 10 Md€ en 2020.

Les pratiques évoluent

Après des études en marketing, Mathilde Le Roy a travaillé dans plusieurs institutions culturelles avant de franchir le cap de l'entrepreneuriat en 2015 avec KAZoART.

"J'ai toujours acheté des œuvres d'art au coup de cœur, explique-t-elle. Mais c'est un monde très codifié, ce qui explique que la France compte beaucoup d'amateurs, d'ailleurs les musées sont pleins, mais peu achètent. Nous souhaitons rendre la démarche d'achat plus simple. Les signaux sont positifs : le marché mondial de la vente d'œuvres d'art en ligne est en croissance de 20 à 30 % par an, dépassant même les projections. Il existe une vraie évolution des pratiques avec une génération digital native pour qui il est désormais possible d'acheter de l'art via Internet."

Face aux majors que sont Amazon ou l'alliance Sotheby's - eBay, et la concurrence de nouvelles startups qui émergent progressivement, KAZoART se positionne sur un segment de marché bien précis. Ses "têtes chercheuses" recherchent des artistes émergents pour des œuvres originales ou en séries très limitées de tous types, de la photographie à la sculpture, de 5.000 à moins de 100 €.

"Plus de 350 artistes nous font confiance et 10.000 œuvres sont proposées sur la plateforme, détaille Mathilde Le Roy. 70 % du catalogue est composé de pièces à moins de 500 € et le panier moyen tournent autour de 350 €."

En bonne chef d'entreprise, "assez décomplexée à l'idée de parler business", ce qui est suffisamment rare pour être signalé, Mathilde Le Roy a bien ciblé "la barrière psychologique des 500 € au-dessus de laquelle les acheteurs sont plus frileux à l'idée de commander sur Internet. Le constat est là : la plupart des gens ne sont pas prêts à sauter ce pas-là. C'est donc en dessous que nous devons nous positionner pour faire du volume."

Rude sélection

S'ajoutant à sa propre démarche pro-active de détection d'artistes en émergence, KAZoART est de plus en plus sollicitée et sélectionne environ 1 dossier sur 20. "Nous souhaitons rester exigeants dans nos choix, qualitatifs et raisonnables en termes de prix", résume Mathilde Le Roy. La startup ne fait pas payer les artistes pour être visibles sur sa plateforme : son modèle économique repose exclusivement sur les commissions qu'elle prélève à chaque transaction (30 %) et sur la vente en BtoB aux entreprises, pour qui elle assure également une prestation de conseil. L'équipe, composée de 3 personnes actuellement, va s'étoffer avec 2 recrutements prévus en 2017.

Pour se développer, la startup va pouvoir s'appuyer sur une première levée de fonds réussie, 300.000 € collectés auprès de business angels et de Bpifrance, qui accompagne le projet depuis ses débuts. Un second tour de table est prévu l'an prochain pour financer son ouverture à l'international. KAZoART cible un volume d'affaires de 5 M€ à horizon fin 2018.

Elle a également été sélectionnée pour être accompagnée par Héméra, accélérateur de startups de Bordeaux, qui s'installera à terme dans l'ancienne halle Marie Brizard.

"Nous sommes ravis de pouvoir accompagner KAZoART dans son développement via Héméra. Mathilde Le Roy est une entrepreneuse de talent. Sa vision et son équipe sont à la mesure de son ambition. Avoir toutes ces qualités, tout plaquer pour se lancer, être une femme et vouloir bousculer un secteur qui pèsera 10Md$ en 2020 : nous avons dit oui", précise Grégory Lefort, cofondateur d'Héméra.

Art Lover Place, la startup qui casse les règles de l’art

Auteur : Juliette Agay

Source : http://objectifaquitaine.latribune.fr/business/2016-02-16/art-lover-place-la-startup-qui-s-impose-dans-les-regles-de-l-art.html

Art Lover Place, startup basée à Arcachon, entend bousculer les codes du marché de l’art contemporain et devenir la plateforme de partage n°1 de l’art sur Internet et mobiles. Son président et directeur administratif et financier Hervé Gicquel nous annonce son intention de lever 1 M€ pour développer et internationaliser son activité.

"Nous avons créé le beau coin de l'art" : c'est ainsi qu'Hervé Gicquel résume l'intention et les ambitions de la startup Art Lover Place. Comme son nom l'indique, la jeune entreprise se positionne comme la place de marché sociale et locale des artistes et amateurs d'art. Régie par un modèle économique proche de celui du Bon Coin, la startup propose de découvrir et d'acquérir des œuvres d'art mais se différencie par sa rupture du modèle traditionnel de vente d'œuvres. Ses seuls revenus proviennent des ventes de reproductions, des abonnements aux galeries ou encore des publicités et goodies vendus sur le site.

"Nous ne sommes pas le Uber de l'art, nous nous positionnons différemment en ne prenant aucune commission sur les ventes d'œuvres", précise Hervé Gicquel.

La startup regroupe trois associés. Hervé Gicquel, son président et DAF (fondateur de Maxicheque ou encore Discount Presse), Pierre Yameogo, directeur artistique, et Benjamin Buhler, directeur marketing (ancien directeur de projet chez Fnac Direct) souhaitent par le biais de cette plateforme populariser l'art. Rendre le marché de l'art plus accessible, moins élitiste, telle est l'intention de la startup qui compte aujourd'hui plus de 360 artistes et 6.500 œuvres (dont 5.000 en vente) sur son site.

Devenir un révélateur de talents

"On part du principe que c'est le public qui décide. Il n'y a pas de curation (terme qui signifie la sélection, NDLR) et la plateforme est entièrement gratuite. L'idée est de pouvoir rechercher des artistes près de chez soi et d'ouvrir le monde de l'art à tous ceux qui l'apprécient. Nous avons en moyenne 30 % d'amateurs, 50 % de professionnels et 20 % d'artistes cotés. Le prix des œuvres en vente varie de 25 à 5.000 euros", précise le président.

Evoquant ses objectifs pour les années à venir, Hervé Gicquel ne tarit pas d'idées. Augmenter le nombre d'artistes (arriver à 500 d'ici la fin du mois de mars et 5.000 d'ici l'année prochaine), développer l'application mobile, mettre en place la vente de reproductions, créer des expositions locales des artistes, intégrer des galeries virtuelles (initialement physiques) ou encore développer le data mining (exploration et analyse de données). Tous sont étroitement liés à la volonté de la startup de dupliquer son modèle à l'international et de développer ses innovations.

Une levée de fonds de 1 M€ attendue

Plutôt que d'évoquer le chiffre d'affaires d'Art Lover Place, Hervé Gicquel préfère insister sur le volume d'affaires généré :

"Depuis l'ouverture, en moins de 6 mois, on est à plus de 450.000 € de volume d'affaires qui représente un peu plus de 800 œuvres vendues. Pour 2016, on espère dépasser le million d'euros de vente d'œuvres."

Autant d'objectifs ambitieux demandent nécessairement des fonds. La startup cherche 1 M€ courant 2016 qui seront essentiellement utilisés pour son internationalisation. Art Lover Place s'est également vu attribuer une subvention de 20.000 euros par BPIfrance dans le cadre d'une bourse French French, pour le développement de son application mobile. Outre les partenariats que les associés espèrent nouer avec Cultura, Accor ou La Poste, la startup prévoit un autofinancement jusqu'à la levée de fonds attendue prochainement et un point mort atteint fin 2017. Pour l'année 2016, trois recrutements et des missions de stage sont prévus. L'équipe s'agrandira, dès sa levée de fonds obtenue, d'une personne pour développer la partie galerie, une autre en charge de l'internationalisation et un community manager.

Qui veut un rencard avec une œuvre d’art ?

Auteur : Beckett Mufson

Source : http://thecreatorsproject.vice.com/fr/blog/tinder-for-art-promises-love-in-a-chaotic-art-market

Parmi les innombrables applications mobiles de rencontre, une nouvelle venue en provenance de Suède fait son petit effet : Wydr. Point d’échanges entre humains, le concept est de faire matcher les utilisateurs avec des œuvres d’art. Une nouvelle façon de faire du commerce d’art, en somme. Ses créateurs, Matthias Dörner et Timo Hahn espèrent ainsi que cette application va démocratiser le marché de l’art en permettant aux utilisateurs d’« exprimer facilement leur opinion, mettre leurs favoris dans des galeries personnelles et acheter les œuvres qu’ils aiment ».

Dans une interview à TedCrunch, Dörner explique avec tout le jargon d’un start-upper, l’utilité de l’application : « Wydr change la façon dont les gens interagissent avec l’art. Il n’y a de commissaire, toutes les œuvres sont curetées par la communauté. Les artistes ont un feedback sur ce que les utilisateurs aiment et les utilisateurs voient ce qui est tendance. » Soutenir la communauté, promettre un changement des interactions et aduler le feedback sont des notions technologiques typiques aux problèmes ésotériques humains — il n’y a qu’à voir les clones de Tinder comme BarkBuddy (Tinder pour les chiens), Thrindr (Tindr pour les plans à trois) ou ShoeSwipe (Tinder pour les chaussures).

L’une des réserves que l’on puisse émettre sur cette application tient bien à l’attention accordée aux objets dans le cadre d’un « catalogue » comme le propose ces applications de rencontre. Alors qu’une étude avance que les visiteurs passent en moyenne 15 à 30 secondes devant une œuvre, quelle attention une plateforme où tout est fait pour ne pas s’attarder, peut-elle susciter ?

Pour autant, Wydr pourrait apporter un élément de réponse au désintérêt de nombreux artistes pour le marché de l’art actuel. « Diriger une galerie d’art est un projet extrêmement coûteux. Pour réussir, il faut généralement se trouver près d’autres galeries, de préférence de grandes galeries, ce qui implique souvent (mais pas systématiquement) des loyers élevés », estime la galeriste et commissaire Michelle Gaugy sur Quora.

Présenter un artiste innovant mais que l’on n’est pas sûr de vendre est donc toujours un risque, que certains ne préfèrent pas prendre. Les galeristes privilégient aussi donc souvent les œuvres aux formats pour la maison, plutôt qu’une pièce immense, par exemple, qui ne pourra entrer que dans un musée. Wydr prétend également rapprocher les artistes des potentiels acheteurs : « Juste la semaine dernière, un artiste a vendu une peinture de 100 x 80 cm de la Suisse vers les États-Unis — via Wydr », dit encore Dörner.


© 202 Marc MERCIER PHOTOGRAPHY