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Coup de gueule !


Un coup de gueule personnel avec un gros ras-le-bol ! Dans un métier qui est de plus en plus difficile, de plus en plus complexe tant l'État, à force de simplifier rend les choses complètement absconses, une question se fait jour pour la quasi-totalité de ceux qui travaillent ou tentent de le faire un temps soit peu correctement, une question toute bête et toute simple : La photographie professionnelle, oui mais pour quel avenir ?

Tout est devenu tellement complexe dans l'administration française qu'on ne se reconnaît plus dans les statuts et dans les organismes dont on dépend ...un coup URSSAF, un coup le RSI, un coup les AGESSA, un coup les impôts... On ne sait plus comment réellement facturer: avec quelle mention légale? avec quel taux de TVA ? avec quel organisme mentionné ? On ne sait plus comment s'est déclaré : est on photographe ? est on prestataire ? est on artiste ? Etc. A t on le droit de vendre nos productions ? A-t-on le droit de les vendre comme oeuvre d'art ?

cf: étude du cabinet ITHAQUE pour le Ministère de la culture et de la communication (cliquer pour accéder)

… Surtout quand on s'aperçoit que les services fiscaux ont, à discrétion, le droit de requalifier, de redresser et de sanctionner ce qu'ils ne comprennent pas (ce qui fait dans ces domaines là beaucoup de choses il faut quand même reconnaître !) Haro sur le port au photographe qui a le malheur d'effectuer des prestations comme indépendant, d'exposer ses photos et de les vendre comme un regard et d'avoir éventuellement, comme cela est courant partout dans le monde sauf ici, une multiplicité de potentiel à sa palette comme c'est souvent le cas dans le cadre de "studios graphiques" (et je n'aborderai même pas le cas des gens qui feraient de la recherche-développement appliquée dans ce domaine, expérimenteraient certaines techniques un peu "exotiques" : car il est bien connu que la photographe est un pecnot à peine bon à appuyer sur un bouton!) Nombreux sont ceux d'entre nous qui ont souvent entendu par ces administrations qu'un photographe ça facturait obligatoirement (et a 20%) et qu'on ne faisait que des mariages et des photos pour de la pub suspension et c'est tout... Pas possible d'avoir d'autres activités ou d'autres dépenses en comptabilité : ça devient très vite suspect ! On peut aussi être accueilli, Mon me l'a fait aussi par : "les artistes je sais comment c'est ..." Ça vous laisse présager le bon accueil et la manière dont on est traité par ses agents du fisc ou du RSI… mais avec lesquels on est bien obligé de composer, voire d'obéir, puisque détenteurs de l'autorité publique qu'il ne faut pas contrarier même s'ils sont complètement cons ! On est loin du modèle anglo-saxon qui fait que beaucoup de photographes ont émigré pour pouvoir travailler et vivre correctement de leur travail et de leur art ! Mais en plus maintenant on doit se heurter à d'autres difficultés somme toute assez récentes mais de plus en plus fréquentes sinon systématiques : C'est maintenant quasiment impossible d'effectuer le moindre reportage sans voir surgir, dans des lieux autant publics que privés (mais de droit public), Des vigiles agressifs et péremptoires, voire directement des policiers et des gendarmes qui vous agressent, essaient de saisir en toute illégalité votre matériel et dans tous les cas vous empêchent de travailler alors que vous êtes dans votre bon droit. Peu de chances de pouvoir vous défendre : nous sommes le pays où toute plainte contre police et gendarmerie a le moins de suites et sont classés, suivant les propres statistiques d'Amnesty international je crois à plus de 80 ou 90 %... C'est le cas de ce photographe amateur prenant à plusieurs kilomètres de distance des photos d'une centrale nucléaire dans son paysage, Golfech, en bordure de champ, qui se voit quasiment appréhendé par des gendarmes qui lui déclarent que ce qu'il fait est interdit alors que c'est tout à fait faux et le menacent! Et des exemples comme celui-ci on pourrait en trouver des dizaines voire beaucoup plus, dans toutes sortes de circonstances... Ça fait pas rêver !

cf: Journalistes en garde à vue, article de Observatoire des Journalistes et de l'Information Médiatique (cliquer pour accéder)

Et deuxième "petit" phénomène en date, qui je le reconnais a un peu le don de m'énerver… Ça aussi ! Une flopée de jeunes photographes si on peut dire, très souvent des jeunes femmes (18 ou 20 ans le plus souvent) qui ce sont présentés pendant 3, 4 ou 6 mois comme modèles et qui se bombardent le même comme photographe ("expérimentées" comme c'est souvent signalé), et qui proposent des prestations mais à des tarifs qui n'ont rien de réalistes puisqu'il s'agit juste d'avoir un peu d'argent de poche pour les sorties du week-end... Je montre la un exemple parmi tant d'autres mais qui est tout à fait symptomatique : une jeune femme qui se présente comme photographe et en même temps maquilleuse et masseuse !

(J'ai évidemment effacé noms, numéros de téléphone ainsi que mails pour préserver son anonymat)

Elle est peut-être très talentueuse et estpeut être une photographe hors-pair… sauf qu'en France on ne peut pas s'installer de cette manière là,

et reconnaissons que le mélange des genres là est quand même du grand n'importe quoi !

Dans le même registre on trouve des plates-formes, entreprises professionnels quant à elles, comme WeeMove et consorts, qui font bosser des amateurs gratuitement et d'autres qui essaient d'embaucher des pseudos professionnels à des tarifs qui avoisinent les 20 ou 30 € la prestation journalière, non sans les facturer environ trois fois plus aux clients bien sur !

Sans parler des institutionnels, des journaux et magasines et autres consommateurs d'images qui se débrouillent pour ne plus payer et faire appel à des amateurs (non rémunérés bien sur) pour faire leur plein d'images !

cf: articles sur la déliquescence de la photographie pro en France (cliquer pour accéder) Voilà… Un panorama peu reluisant, plein de choses qui m'énervent… Et je ne suis pas le seul ! Et surtout qui ne laisse rien présager de bon pour la photographie professionnelle française : la photographie est à la mode et tout le monde fait n'importe quoi semble-t-il ! Il faut sûrement changer, comme diraient les économistes, de business model... Mais reconnaissons que lorsque

une administration qui sur-réglemente de plus en plus est en même temps incapable de connaître et d'appliquer ses propres réglementations, des libertés publiques s'effritent voire disparaissent, des entreprises abusent et exploitent les prestataires, et des amateurs font vraiment n'importe quoi, On est vraiment pas aidé !

Il faut changer nos propres approches et conceptions de ce métier, autant que les manières de travailler ...

mais il faudrait aussi arrêter ce bordel sans nom !


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